Planifier

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Comme mentionné dans notre présentation, avons souvent voyagé hors des circuits organisés. Nous souhaitions revivre le sentiment de liberté et le vertige contrôlé si intimement liés au fait de partir sans plan précis dans des contrées lointaines. Cependant, jamais encore nous n’avions levé l’ancre pour aussi longtemps et jamais avec un enfant scolarisé. Au début, trois projets ont été mis sur la table : Canada-États-Unis-Mexique en Van, tour du monde en partant vers l’Est et un périple sud américain. Après réflexion, discussion et vote à main levée, c’est le projet Amérique latine : entre retour aux sources et découvertes qui a remporté la mise ! La chaleur, les taux de change, notre connaissance intermédiaire de la langue et la facilité des transports auront été des facteurs déterminants.

Néanmoins, notre premier plan de match était l’image de notre état d’esprit : deux quidams privés de nourriture depuis trop longtemps lancés dans un buffet à volonté. Quelque chose comme 12 pays en quatre mois avec des arrêts de 2 à 3 jours dans chaque ville et chaque lieu d’importance. Juste à regarder notre assiette, on a eu comme une indigestion. En retournant dans nos souvenirs, il est apparu clairement que c’est lorsque nous étions au même endroit plus longtemps que la magie opérait le mieux. En s’installant, on fait des contacts, on prend nos repères, on délaisse progressivement le statut de touriste et on prend vraiment le pouls de la place. Nous avons donc construit un itinéraire avec beaucoup moins de pays et des séjours d’au moins une semaine, quitte à rayonner autour de nos camps de base.

En rafale, les questions qui nous ont été le plus posée et les réponses que nous avons parfois cherchées longtemps et nos conseils bien personnels :

1. Et pour l’école, ça se passe comment ? Au Québec le système d’éducation fonctionne par cycle de deux ans. Une année d’acquisition et une année de consolidation avec évaluations ministérielles. Si possible, choisir l’année de consolidation et revenir pour les évaluations ministérielles de fin d’année. L’année est ensuite divisée en trois étapes qui valent respectivement 20%-20%-60%. Il n’est pas toujours simple de connaître les dates exactes des étapes au-delà de six mois d’avance, mais il est assez facile d’extrapoler. Si possible, faire entrer l’absence dans une ou deux étapes et privilégier les premières. Penser aussi que pour « confirmer » sa place à l’école pour l’année scolaire, l’élève doit être physiquement sur sa chaise le 30 septembre. Contrairement à une croyance forte, comprendre que le système a aussi évolué récemment, l’obligation de scolarisation des enfants s’appliquent aux enfants de moins de 16 ans qui sont sur le territoire du Québec. Si vous voyagez à l’étranger, il n’y a que très peu de formalités administratives, mais aussi très peu de soutien ou d’encadrement. Reste la responsabilité personnelle de maintenir les acquis afin que l’enfant puisse reprendre son parcours au même niveau à son retour, sans trop de difficultés. La pandémie aura au moins eu un effet collatéral bénéfique, les outils virtuels sont quand même plus nombreux et accessible. Nous prévoyons faire en moyenne cinq heures de travaux scolaires par semaines, en visant les compétences de base et en intégrant le plus possible le voyage. Calculer un budget, évaluer les distances pour un itinéraire donné, écrire un blog et visiter les ruines mayas… c’est très fertile en situations d’apprentissage authentiques !

2. Et pour la maison, ça se passe comment ? Ça dépend vraiment de ce que vous souhaitez et ça se résume à une grande question : louer ou non votre domicile durant l’absence. Dans tous les cas, consulter vos assurances et votre municipalité afin de préciser vos droits et vos obligations. En louant, vous maintenez une présence en continu et une maison « en opération » en plus de faire des sous qui peuvent amortir les frais du voyage. Il faut cependant prévoir l’organisation de la maison pour la location, le ménage, l’accès autonome et un soutien en cas de problème même si vous êtes loin. En « fermant » la maison, vous réduisez le trouble de la gestion à distance, mais y’a pas de sous qui rentrent alors que vous continuez d’assumer les frais. Il faut quand même prévoir une supervision fréquente par une personne de confiance et assumer quelques jours en relatif camping au départ et au retour. Dernier conseil vraiment personnel : penser tous vos menus au moins un mois avant le grand départ afin de maximiser l’utilisation de votre périssable et de vos réserves de condiments. Ça fait un défi stimulant (mieux que les sudokus) et des repas extrêmement créatifs !

3. Et pour les autos, ça se passe comment ? Là encore, ça dépend de votre style de vie et de vos besoins. Nous avons deux voitures et il était difficilement envisageable de ne pas y avoir accès jusqu’au départ et dès le retour. Nous avons de la place en masse pour les stationner à l’abri sans entraver la circulation et le déneigement. Néanmoins, nous avions envisagé de laisser les deux véhicules dans un entrepôt prévu à cette fin. Cependant, en calculant les frais d’entreposage, le trouble du transport des voitures, et surtout une certaine surprise concernant la couverture de nos véhicules advenant le déplacement vers un lieu autre que notre domicile, cette option nous est apparue moins adaptée. L’option de laisser une des voitures à l’aéroport à l’extérieur pour plusieurs mois d’hiver est difficilement envisageable, à moins d’avoir accès à un lance-flamme au retour pour faire fondre le bloc de glace qui se sera formé autour, sans compter les coûts qui surpassent largement le prix de nos billets d’avion.  L’option location ou prêt des autos, c’est un peu comme la maison, il faut bien peser le trouble versus les bénéfices.

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